[mini chronique : roman] « La passion selon Juette » Clara Dupont-Monod

XIIe siècle, dans les Flandres. A 13 ans, Juette est une gamine renfermé et rêveuse, effrayée par le monde alentours. Puis Juette a quinze ans, elle est mariée, figée dans ce rôle de femme et de mère qu’elle n’a pas voulu même si elle a dit « oui, je le veux » devant l’autel. A 18 ans, Juette est veuve et refuse de se remarier. Elle devient mystique, voue sa vie au lépreux, brave l’Église officielle qui la soupçonne d’hérésie… De toute sa vie, Juette n’aura qu’un seul ami et confident, un moine, Hugues, qui l’écoute toujours et répond avec bienveillance à toutes ses questions sur le monde et la religion, lui seul capable de chasser ses doutes et ses inquiétudes. La passion selon Juette explore, sur fond de dissidence cathare, la rébellion et la folie d’une jeune fille révoltée par l’oppression des hommes, de la norme et de l’Église. Si la plume de Clara Dupont-Monod est agréable, je suis un peu mitigée sur ce roman : le récit de la vie de Juette est très parcellaire et le catharisme (annonçait en 4e de couverture) n’est évoqué que de façon très marginale… J’aurais aimé en savoir plus !

« Qui es-tu ? » demandera-t-il, et j’aurai la réponse. Elle viendra du reproche d’un prêtre. Je dirai, fière et sans une hésitation : « Je suis abandonnée en paroles. » (p. 54)

Il a fallu dire « oui, je le veux », et sentir qu’il s’agissait d’un mensonge, car je n’ai rien demandé, ni voulu. Le prêtre semblait content. Il a posé ma main sur le bras de l’homme. Que signifiait « oui, je le veux » ? (p. 77)

Je ne sais pas ce qu’elle deviendra. On ne peut pas être aussi poreux vis-à-vis du monde sans y laisser un peu de soi. Le chaos et la raison ne font pas bon ménage. A un moment, il faut choisir. (p. 74)

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⭐ Clara Dupont-Monod, La passion selon Juette, éditions Grasset, 2007, 232 pages, 17,90 €.

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4 commentaires sur “[mini chronique : roman] « La passion selon Juette » Clara Dupont-Monod

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  1. Malgré ta réserve, je sais que je vais le lire, l’aspect parcellaire semble être une constante chez cette auteure, ça ne fonctionne pas à chaque fois, mais dans Le roi pensait que j’étais diable, j’avais trouvé que c’était un choix intriguant, et efficace !

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