[danse] « Harakiri » Compagnie Didier Théron

Une danseuse évolue seule et sans musique. Mouvements saccadés, hésitations, questionnement… Scène hallucinée qui finit dans un geste explicite d’éventration : hara-kiri.

"Hara-kiri" Compagnie Didier Théron

Puis cinq danseurs, hommes et femmes confondus, vêtus de noir, proposent une chorégraphie très graphique. Graphie des mouvements, langage du corps, membres tordus et dos courbés, gestes bruts. Les danseurs vont et viennent en vagues collectives, en cohorte hallucinée, sur un rythme névrotique, scandé, hypnotique. C’est le groupe qui fait force, multiplie les énergies de chacun dans la communauté des gestes et l’absence de leader. Et les quelques tentatives d’échappées, un interprète sortant du groupe pour s’exprimer seul et s’affirmer hors du collectif, infimes brisures dans la progression inexorable du mouvement d’ensemble, sont vouées à l’échec : l’interprète semble alors renoncer et reprend le fil du geste collectif. Par la succession sans fin de mouvements géométriques et de gestes hachés, comme retenus dans leur lancée, les interprètes suggèrent un rituel à bout de souffle, fait de pulsions maîtrisées.

Par moment, certains s’effondrent, succombent. Hara-kiri. Acte sacrificiel qui se veut purificateur. Leurs corps inertes sont alors traînés hors du groupe. Puis ils s’intègrent à nouveau dans l’ensemble, comme une renaissance, ou plutôt comme le remplacement d’un individu par un autre, interchangeable. Autogénération du groupe dans sa nécessité de survie. Redoutable et inquiétant.

On peut donc regretter un certain manque de coordination et des imprécisions dans les gestes collectifs, ce qui casse la belle synergie du groupe. La pièce étant annoncée pour six danseurs et n’en ayant vu que cinq en scène, ces inexactitudes venaient-elles de l’absence de l’un des danseurs ?

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Harakiri
Compagnie Didier Théron
Chorégraphie et mise en scène : Didier Théron
Interprétation : Lorenzo Dallaï, Éloïse Deschemin, Matthew Morris, Thomas Régnier, Alissa Shiraishi, Maeva Combescot, Léa Lansade
Durée : 45 min
Spectacle vu le 01/03/2012 au Festival Les Hivernales, Avignon.

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