[danse / théâtre] « Parce qu’on va pas lâcher » de et par la Cie Onstap

Ils sont deux. Grands, minces, bruns. Polos, pantalons beiges, baskets blanches. Et sourires radieux. Deux potes échappés des banlieues avignonnaises, Mourad Bouhlali et Hassan Razak, qui se tapent dessus. Pieds, cuisses, torses, bras, mains, visages : le corps est utilisé comme instrument de percussion (c’est du « step », ou percussions corporelles) et l’esthétisme du geste accompagne la précision du rythme. L’ensemble forme une harmonie accompagnée de gestes dansés. On est à la croisée de la danse et de la musique ; le travail des mains et de tout le corps constitue une véritable chorégraphie, virtuose par sa rapidité d’exécution, et pleine de grâce.

"Parce qu'on va pas lâcher" Onstap

Les parties « stepées » alternent avec des parties dialoguées, se métissant de théâtre (on convoque Shakespeare pour une scène hilarante de poursuite amoureuse tirée du Songe d’une d’été), de slam, de danse…

En évitant les clichés et sans tomber dans la victimisation, Hassan et Mourad nous racontent leur parcours singulier, toujours grand sourire : la cité, le regroupement familial, le club théâtre comme issue de secours (pas top pour crâner aux yeux des copains !), les mensonges pour rassurer les parents et pouvoir partir en représentation (non, non, je ne fais pas du théâtre, je suis animateur dans un centre social), les premiers rôles… Comment, dans l’incompréhension générale, ils ont envers et contre tout réussi à faire du théâtre leur vie. Ils nous disent que l’on peut être heureux dans la cité, que l’on peut en sortir tout en y restant.

Du premier degré, du naïf parfois, du sentimental… C’est rythmé, gai, drôle, décalé, et touchant car criant de sincérité. Mourad Bouhlali et Hassan Razak ne trichent pas, et délivrent leur récit avec humour et tendresse. On sent la véritable complicité personnelle qui lie les deux interprètes, amis depuis l’enfance. On sent le bonheur qu’ils ont d’être aujourd’hui sur scène, de l’autre côté de la barrière, devant le public, quel qu’il soit. Et le public adhère, tout de suite « embarqué ». La salle réagit au quart de tour et n’hésite pas à participer, claquant des doigts, tapant des pieds et des mains, tchikipoum, au bon vouloir des deux compères facétieux !

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⭐⭐ Parce qu’on va pas lâcher
Cie Onstap
Direction artistique : Hassan Razak
Conception, textes et interprétation : Mourad Bouhlali et Hassan Razak
Durée : 55 min
Spectacle vu le 02/03/2012 au Festival Les Hivernales, Avignon.

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