[théâtre] « Lost (Replay) » de Gérard Watkins

Trois anges déchus (mi anges gardiens, mi serpents de la tentation) atterrissent au sous-sol d’un immeuble parisien. En quête d’humanité, ils se mettent en tête de rejouer la Genèse en provoquant la rencontre entre deux solitaires (nouveaux Adam et Eve) vivant justement dans cet immeuble. Lui (Hub) évalue les conversations des techniciens d’une entreprise de télécommunication, elle (Fay) est une acheteuse compulsive, se contente d’une sociabilité virtuelle et bénéficie des services de la société de Hub.

"Lost Replay" Gérard WatkinsPhoto : Alexandre Pupkins

Le propos de Gérard Watkins est de dénoncer le manque de communication entre les êtres à une époque où les réseaux sociaux et autres NTIC sont censés améliorer cette dernière. Dénoncer une société humainement en déclin où le langage est appauvri et les êtres esseulés. Mais comment peut-on espérer dénoncer l’appauvrissement du langage avec une prose aussi indigente ? Les personnages en sont réduits à énoncer des platitudes et à faire rimer « mutilation » avec « canalisation » !

Empêtrés dans des personnages mal dégrossis, les comédiens ont peu l’occasion de montrer leur talent. Dans le rôle de Hub, Fabien Orcier est transparent. Les trois anges déchus, vainement gueulards et grossiers, en deviennent franchement irritants. Seule Nathalie Richard, très sobre dans le rôle de Fay, s’avère convaincante en gardant une part de mystère et de fragilité qui rend son personnage parfois émouvant.

Des longueurs, des répétitions, des outrances… C’est insipide, niais, prétentieux, grotesque. Quant à la conclusion de la pièce (l’amour seul est en mesure de sauver l’humanité), elle est d’une banalité affligeante que la lourdeur de la démonstration n’arrive à aucun moment à élever. Bref, une fable indigeste sur notre solitude moderne et la perte de sens des mots. Un salmigondis de références bibliques, de clichés, de mièvrerie et de mots faciles.

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⛔ Lost (Replay)
Texte et mise en scène de Gérard Watkins

Avec Anne Alvaro, Gaël Baron, Antoine Matthieu, Fabien Orcier et Nathalie Richard
Durée : 1h50
Spectacle vu le 20/02/2013 au Théâtre Garonne, Toulouse

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