[thriller] « Des nœuds d’acier » Sandrine Collette

Il en a fallu du temps pour que ce petit coin de pays se défasse du souvenir de l’effroyable fait divers qui l’a marqué au cours de l’été 2002. (p. 9)

Avril 2001. Théo, la quarantaine, sort de prison et veut se mettre au vert. Il affectionne les longues randonnées qui lui vident la tête et lui font retrouver son calme. Lorsqu’il arrive chez des paysans à l’air bonasse, il ne se doute de rien, il accepte un café… et se réveille séquestré dans une cave.

Il n’a pourtant rien d’une proie facile Théo : athlétique et violent, fier et fort, les ennuis, il en a vu d’autres… Il a résisté à la prison, alors il se jure d’échapper à ses geôliers ! L’ironie, c’est qu’il s’est fait piéger par deux petits vieillards pas bien vaillants, le genre qui marche à petits pas à cause de l’arthrose. Mais le fusil est de leur côté. Allongé contre les pierres suintantes de la cave, privé d’eau et de nourriture, enchaîné, battu, commence pour lui une lente déchéance…

Dans ce récit, tout semble factuel et crédible, c’est ce qui en fait la force. L’écriture, dépouillée et crue, va à l’essentiel (on regrettera juste quelques répétitions dans les ruminations de Théo et quelques retour sur son passé qui cassent un peu le rythme). Pas de descriptions minutieuses et sordides des supplices endurés, pas de lamentations non plus, pas d’apitoiement, mais, par touches successives, en crescendo, les humiliations sans cesse renouvelées, l’escalade de la haine et de la terreur, et la lente bascule de Théo vers la déshumanisation.

C’est un sale type Théo, une brute (il a massacré son propre frère qu’il a laissé à l’état de légume sur un fauteuil roulant) ; et pourtant, en le confrontant à des personnages bien plus sauvages que lui, Sandrine Collette arrive à nous faire éprouver une réelle empathie pour cet homme devenu animal domestique. D’autant plus que le récit est fait par Théo lui-même, à la première personne, ce qui place le lecteur à ses côtés, au cœur de la terreur…

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♥ ♥  Sandrine Collette, Des nœuds d’acier, éditions Le Livre de Poche, 2015 (2013), 261 pages, 6,90 €.

Du même auteur : Un vent de cendres & Six fourmis blanches.

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10 responses to “[thriller] « Des nœuds d’acier » Sandrine Collette”

  1. 22anjelica says :

    Euhhhhhhhhhhh comment dire ? Je passe …

  2. yueyin says :

    bbbbbrrrrrr non pas pour moi, j’ai trop peur 🙂

    • BlueGrey says :

      ça fait peur mais c’est booon, promis ! Tu n’as jamais lu « Misery » de Stephen King ? Ce livre est un peu dans la même veine je trouve, le côté huis-clos sadique…

  3. Léa Touch Book says :

    J’aime bien cette auteure ! 🙂

  4. Ingannmic says :

    Je n’avais pas été emballée plus que ça par ce titre, même si l’auteure se sort au final plutôt bien d’une exercice qu’on nous a déjà servi mille fois. Mais c’est vrai que c’est un roman efficace, qui permet de passer un bon moment.

    • BlueGrey says :

      Moi je me suis laissée prendre ! Mais pas par « Un vent de cendres » que je viens de finir et que j’ai moins aimé… Je n’y ai pas cru.

  5. dasola says :

    Bonsoir Bluegrey, j’avoue avoir eu du mal à me remettre de cette lecture très noire. Bonne soirée.

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