[roman autobiographique] « La reine de l’Idaho » Thomas Savage

La reine de l'Idaho - Thomas Savage

Une simple lettre va bouleverser la vie de Thomas Burton, modeste écrivain cinquantenaire : une inconnue prétend être sa sœur ! S’en suit une fouille acharnée dans les souvenirs et les non-dits familiaux. Thomas s’efforce de retracer l’existence de ceux qu’il croyait connaître : sa mère à la beauté altière, morte depuis longtemps déjà ; son père, un excentrique qui s’est contenté de lui donner son nom ; et surtout Emma, sa grand-mère maternelle, la fameuse reine du mouton… Petit à petit, des pans de silence s’effacent, destins extraordinaires et vies brisées se mêlent, et les drames familiaux enfin élucidés rendent la paix à la mémoire des morts.

La reine de l’Idaho est avant tout une déclaration d’amour à une famille et à une terre ; une ode aux origines. Car c’est en grande partie sa propre histoire que raconte Thomas Savage : comment un aïeul chercheur d’or ancra la lignée sur ces terres de l’Ouest américain, puis comment son fils devint propriétaire terrien et épousa celle qui deviendra la grand-mère, une femme autoritaire qui toute sa vie dominera d’une main de fer le clan et deviendra la reine de son élevage de moutons, la reine de l’Idaho.

La reine de l’Idaho est un hymne à la famille donc, mais c’est aussi un hymne à une terre, terre d’accueil du clan : vastes espaces, paysages grandioses, décors extraordinaires… à la mesure des forts caractères qui le peuplent et des passions excessives qui s’y jouent !

Le récit est porté par un rythme faussement paresseux et une narration très fluide malgré une construction qui se joue des époques et des lieux. Le ton est enlevé, le style parfois caustique, les caractères bien trempés, l’évocation de l’Idaho puissante… Mais Thomas Savage sait aussi user de retenue et de finesse quand il s’agit d’évoquer la quête du narrateur ou de laisser percevoir l’affect de ses personnages.

La reine de l’Idaho est le témoignage plein de pudeur et de tendresse d’une quête affective, c’est une belle réflexion sur la quête des racines et de l’identité.

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⭐ Thomas Savage, La reine de l’Idaho (The Sheep Queen), traduit de l’américain par Pierre Furlan, éd. Belfond, coll. Littératures étrangères, 2003 (1977), 310 pages, 19 €.

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12 commentaires sur “[roman autobiographique] « La reine de l’Idaho » Thomas Savage

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  1. pour ma part je suis en plein (enfin, sur la fin, il ne me reste malheureusement que 320 pages à lire) dans l’histoire des Wingo de Caroline du Sud… une merveille ce roman !! et comme j’aime les histoires de familles sur fond d’histoire locale, je note et stabilote ce roman qui t’a emballée !

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