[polar] (Le quatuor de Los Angeles 1) « Le Dahlia Noir » James Ellroy

 Le Dahlia Noir - James Ellroy

Le Dahlia Noir avait un nom : Elizabeth Short. C’était une apprentie comédienne de 22 ans, retrouvée morte et atrocement mutilée dans un terrain vague de Los Angeles, le 15 janvier 1947. Quarante ans plus tard, le romancier James Ellroy s’inspire de ce fait divers et signe Le Dahlia Noir, roman excessif, d’une rare noirceur, récit d’une double obsession : celle de deux flics qui se font littéralement ronger par ce meurtre sordide et leur enquête, et celle de l’auteur marqué à jamais par le meurtre non élucidé de sa mère, quand il avait 10 ans. Car résoudre l’énigme criminelle la plus célèbre d’Amérique n’est pas ce qui intéresse Ellroy, son but est d’exorciser son passé, son récit est cathartique (la postface du livre, rédigée par Ellroy en 2006, est très éclairante sur ce point).

Ellroy nous plonge ainsi dans le Los Angeles des années 50, la « cité du péché » qui corrompt, non sans délice pour le corrompu : flics pourris, politiciens véreux, tueurs déments, filles faciles, femmes fatales, amours troubles, racisme, luttes d’influence, lesbianisme, nécrophilie, sadisme et, à chaque page, une violence poisseuse, presque insoutenable, qui colle à l’intrigue et aux personnages. Cette lecture est une expérience singulière, une descente au plus profond de la noirceur humaine, vers le mal, le vice et la violence. Les mots sont durs, les phrases sèches et froides, le style sophistiqué, glacé et sexy à la fois, et le lecteur, voyeur troublé, a du mal à suivre et parfois même à comprendre.

L’intrigue, complexe et poisseuse, tourne autour de deux flics ex-boxeurs. Le premier (Bucky Bleichert) sait que le second (Lee Blanchard) n’est pas clair. Lui-même n’est pas net d’ailleurs, s’amourachant d’une héritière ressemblant étrangement au Dahlia. Et entre les deux hommes, la belle Kay dont le cœur et le corps balancent… Trio amoureux dont l’évolution des relations sous-tend l’intrigue.

Rencontre entre les deux équipiers, découverte du corps de Betty Short, débuts de l’enquête : les 230 premières pages sont intenses. Puis Lee disparaît et Bucky sombre… et mon intérêt a sombré aussi. Trop noir, trop violent, trop long… J’ai lu la seconde moitié au plus vite, partagée entre l’envie de savoir et l’envie d’en finir.

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⭐ James Ellroy, (Le quatuor de Los Angeles 1) Le Dahlia Noir (The Black Dahlia), traduit de l’anglais (États-Unis) par Freddy Michalski, éd. Rivages/noir, 2006 (1987), 489 pages, 9,45 €.

Du même auteur : Brown’s requiem.

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7 responses to “[polar] (Le quatuor de Los Angeles 1) « Le Dahlia Noir » James Ellroy”

  1. ingannmic says :

    J’admets que la lecture de cet auteur n’est guère confortable, et pourtant j’adore Ellroy, justement parce que c’est souvent trop noir et trop violent…

  2. Karine says :

    J’avais entendu dire qu’en effet, c’était dur, violent et tout… du coup, je ne suis pas certaine que ce soit pour moi.

  3. legereimaginareperegrinareblog says :

    Super bouquin que j’ai lu il y a quelques années

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