[roman] « Kyoko » Ryû Murakami

Kyoko, japonaise de 21 ans, débarque aux États-Unis à la recherche d’un souvenir d’enfance : elle veut retrouver José, un soldat américain qui a changé sa vie en lui apprenant à danser quand elle était petite fille. Arrivée à New York, sa quête va la mener dans un périple mouvementé le long de la côte est des États-Unis, jusqu’à finalement prendre le bateau pour Cuba. En route, elle va croiser un chauffeur de limousine arnaqueur, le tenancier d’un tripot ayant la pègre pour clientèle, un sidéen en phase terminale, une indienne diseuse de bonne aventure, un jeune voleur au langage imagé, des bourgeois danseurs…

Ce n’est d’ailleurs pas Kyoko qui raconte cette histoire mais les différentes personnes qu’elle croise qui prennent tour à tour la parole, en brefs monologues. Par leurs regards croisés, c’est bien le portrait de Kyoko qu’ils dessinent, le très joli portrait d’une jeune femme vive, bienveillante et tenace, qui va, pour un temps, illuminer leur existence. Car sous sa fragilité apparente, Kyoko fait preuve d’une grande force et d’une forte détermination, et son personnage, qui peut paraître un peu naïf, est plus complexe qu’il n’y parait. Animée d’un indéfectible enthousiasme pour la vie, d’une croyance vive en l’avenir et en l’être humain, Kyoko entraîne dans son sillage tous ceux qu’elle rencontre, les réconcilie avec eux-mêmes, renoue pour eux les fils de l’espoir en même temps qu’elle apprend à gérer son propre destin. Plongée dans un monde violent et désespérant, Kyoko garde, imperturbable, sa compassion, sa foi en l’être humain et son obstination à aller au bout de son idée. Son récit est celui d’une quête intérieure, un roman initiatique. C’est un conte moderne, une fable sur l’espoir et la renaissance. C’est un roman très attachant qui navigue entre le minimaliste du style, simple et sobre, et la force et la profondeur des thèmes abordés (la violence, le sida…).

Alors, n’hésitez pas : vous aussi laissez-vous happer par la beauté, la grâce et la force de Kyoko !

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⭐⭐ Ryû Murakami, Kyoko (Kyoko), traduit du japonais par Corinne Atlan, éditions Picquier poche, 2016 (1995), 227 pages, 7,50 €.

Lire & délires Thématique : Japon.

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6 commentaires sur “[roman] « Kyoko » Ryû Murakami

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  1. Je n’ai lu que deux titres de cet auteur, un qui m’a emballée (Les bébés de la consigne automatique) et un que j’ai détesté (Bleu transparent). Du coup, je ne l’ai plus relu… à tort, visiblement.

    1. Ce livre est le premier roman que je lis de cet auteur, mais a priori il est très différent de son style habituel, plus doux, sans excès de violence. J’ai depuis tenté de lire « Thanatos », mais je l’ai vite abandonné.

    1. Ce roman sera une joli entrée dans la littérature japonaise… Et je te recommande aussi l’homonyme de l’auteur : Haruki Murakami ! 😉

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