[mini-chronique : roman] « Le passage de la nuit » Haruki Murakami

A Tokyo, de nos jours, le temps d’une nuit. Alors que la belle Eri dort sans sembler jamais vouloir (pouvoir) se réveiller, sans savoir que quelqu’un (ou quelque chose) l’observe, sa sœur cadette Mari lit dans un bar et semble juste attendre qu’un nouveau jour se lève. Autour des deux sœurs, des êtres se croisent, des solitudes s’entrechoquent, des destins se frôlent… Il y a Takahashi l’étudiant-musicien, Kaoru la gérante de love hotel, mais aussi une prostituée blessée, un membre de la mafia chinoise, un informaticien désabusé, une femme de chambre en fuite… D’errances nocturnes en rencontres improbables, Marri semble en quête d’elle-même ; en quête aussi, peut-être, de cette sœur qui peu à peu s’isole et s’éloigne.

C’est toujours un plaisir de retrouver la plume de Murakami, sa langue poétique, la douceur de son style, ses atmosphères évanescentes qui mêlent étroitement le familier au singulier, le réaliste au fantasmatique, et cette part de bizarre et de mystère que renferme chacun de ses récits… Drame psychologique, histoire fantastique et thriller s’entrelacent ici pour donner forme à un récit énigmatique et hypnotique. Et, comme toujours, j’ai adoré !

« La musique d’ambiance, légère, c’est « Go Away, Little Girl » par l’orchestre de Percy Faith. Personne ne l’écoute, bien sûr. Toute sorte de gens prennent un repas le soir au Denny’s, mais la fille est la seule cliente non accompagnée. Elle lève la tête parfois et regarde sa montre. Le temps ne semble pas avancer comme elle aimerait. Elle n’a pas l’air non plus d’avoir rendez-vous avec quelqu’un. Elle n’observe pas la salle, ne surveille pas l’entrée. Elle espère seulement que la nuit passera plus vite en lisant son livre, seule, en allumant une cigarette de temps à autre, en buvant machinalement son café. Mais il va sans dire qu’avant l’aube il reste encore pas mal de temps. » (p. 10)

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⭐⭐⭐ Haruki Murakami, Le passage de la nuit (After dark), traduit du japonais par Hélène Morita avec la collaboration de Théodore Morita, éditions 10/18, 2007 (2004), 229 pages, 7,50 €.

Du même auteur : La course au mouton sauvage & Kafka sur le rivage.

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