[mini-chronique : roman] « La caverne des idées » José Carlos Somoza

Un éphèbe est retrouvé mort dans les collines proches d’Athènes, le cœur arraché (par des loups ?). Son mentor à l’Académie de Platon, Diagoras, engage et s’associe à Héraclès Prontor, un Déchiffreur d’Énigmes (sorte d’Hercule Poirot à l’antique qui se targue de pouvoir lire dans l’âme humaine sans rien perdre des indices présents sur une scène de crime), afin de découvrir le coupable et la Vérité (avec un grand « V »). Mais les crimes sanglants se multiplient… A l’enquête policière se superpose l’histoire de son manuscrit, et de son traducteur (fictif) : au fur et à mesure que le traducteur retranscrit le manuscrit, il l’annote et le commente de plus en plus abondamment, troublé d’y trouver des échos à sa propre vie.

Ce roman-là ne ressemble à aucun autre ! En multipliant les niveaux narratifs, José Carlos Somoza s’amuse à balader le lecteur dans de multiples histoires imbriquées, des niveaux de lecture et des interprétations possibles (investigation policière, joute philosophique, réflexion sur l’acte créatif et le rapport entre réalité et fiction…). C’est labyrinthique, érudit sans être abscons, passionnant !

Écrire est étrange, mon ami : à mon avis, la première activité la plus étrange et terrible à laquelle un homme puisse se livrer est l’écriture, et il ajouta, en retrouvant son sourire parcimonieux : Lire est la deuxième. (p. 147)

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⭐⭐⭐ José Carlos Somoza, La caverne des idées (La Caverna de las ideas), traduit de l’espagnol par Marianne Millon, éditions Actes Sud – Babel, 2002 (2000), 345 pages, 8,70 €.

8 commentaires sur “[mini-chronique : roman] « La caverne des idées » José Carlos Somoza

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    1. J’ai adoré ce titre, j’ai aussi adoré « Daphné disparue » et panthéonisé « Clara ou la pénombre » ! Celui-ci est plus court, donc sans doute plus « accessible ». Car il faut avouer que Somoza peut être, parfois, un peu « hermétique »… A lire à un moment ou tu as l’esprit disponible.

  1. J’avais adoré Clara et la pénombre (et apprécié, mais dans une moindre mesure, La dame N° 13) et on m’a chaudement recommandé ce titre, mais il m’effraie un peu, en raison de ce côté éventuellement hermétique que tu évoques. Ceci dit, ton billet est plutôt rassurant..

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