[roman] « Si le rôle de la mer est de faire des vagues… » Kim Yeon-su

Si le rôle de la mer est de faire des vagues, mon rôle à moi est de penser à toi. Depuis que nous avons été séparées, je ne t’ai jamais oubliée, pas même un seul jour. (p. 187)

Camilla, d’origine coréenne, a été adoptée par un couple d’Américains peu après sa naissance. Elle a aujourd’hui 21 ans, sa mère adoptive est morte et son père va se remarier. Faisant du tri dans la maison familiale, son père lui envoie 6 cartons, 6 cartons qui contiennent toute son enfance : un ours en peluche, un globe terrestre, des moufles, un ticket de cinéma… et une photo, celle d’une toute jeune femme tenant un nourrisson devant un camélia en fleur… Camilla décide alors de partir en Corée à la recherche de ses origines, de son histoire, de sa mère, et d’elle-même.

Si la première partie du récit est assez classique, chronologique, la seconde propose les récits croisés mère-fille, d’une époque l’autre, ainsi que les points de vue d’autres personnages sur l’histoire, et le changement de narrateur n’est pas toujours explicite. Il y a donc non seulement un narrateur qui parle à la première personne, mais également d’autres narrateurs qui s’expriment à la deuxième ou troisième personne et aussi un nous collectif : on s’y perd parfois… Chacun livre sa version de l’histoire au fil d’une enquête aux multiples bifurcations, et il bien difficile pour Camilla (et pour le lecteur) de découvrir la vérité au milieu des malentendus, des non-dits, des rumeurs, des secrets, des tragédies et des mystères…

Récit sur l’adoption et la quête des origines, le sujet du roman est intrinsèquement touchant et le style est délicat et poétique. Pourtant, je n’ai ressenti aucune empathie pour les personnages, aucun sentiment, rien. Peut-être à cause de la construction, un peu erratique et confuse. Peut-être à cause de ces souvenirs fragmentés qui, au final, laissent beaucoup de floue et de manques à cette histoire qui garde une part d’incertitude.

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⭐ Kim Yeon-su, Si le rôle de la mer est de faire des vagues… (Padoga Bada-eui Iliramyeon), traduit du coréen par Lim Yeong-hee et Mélanie Basnel, éditions Philippe Picquier, 2015 (2012), 267 pages, 19,50 €.

6 commentaires sur “[roman] « Si le rôle de la mer est de faire des vagues… » Kim Yeon-su

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  1. Ça peut être intéressant ce jeu sur les différentes voix narratives traduisant la difficulté de l’héroïne à comprendre son histoire… sauf évidemment si c’est aussi trop difficile pour le lecteur de les suivre…

    1. Ce jeu sur les narrations est vraiment intéressant et le fait de, parfois, être un peu perdu, ne m’a pas gêné. Par contre, le manque d’émotion m’a laissé pour le coup extérieure à cette histoire.

  2. Ah mince ! Il était dans la liste de romans que je comptais lire pour mon challenge sur la Corée. Je vais me concentrer sur d’autres.

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